Outrage : Macron, Hollande, Sarkozy… et nous et nous Par Didier Raoult

L’outrage à agent est un délit de plus en plus commun. Il est vrai que c’est intolérable. Que ce soit dans nos hôpitaux comme dans tous les services publics, se faire insulter par des gens en colère parce qu’ils ont attendu, ou parce qu’ils sont irrités, ou parce qu’ils n’ont pas les papiers nécessaires, finit par décourager les personnels. Et que dire de la police. Jamais il n’y a eu autant d’outrage à la force publique. L’Observatoire National de la Délinquance relève ainsi une augmentation continue de ce délit concernant les policiers. Certains ont même ironisé assurant que les outrages à agents de la force publique représentaient le 13ème mois des policiers, en raison des indemnités perçues par ces derniers.

Plus sérieusement, et de manière paradoxale, alors que la tolérance diminue, notre société est de plus en plus permissive quand les victimes des outrages sont des politiques. Nos représentants politiques eux-mêmes, acceptent peu ou prou, d’être pris à partie, vilipendés, insultés. Maintenant il est possible de les injurier de tous les mots possibles, des les empêcher de parler avec des concerts de casseroles, de leur jeter de la farine, des œufs. C’est désormais toléré. Nicolas Sarkozy a même eu droit à une affiche de Une de l’hebdomadaire Marianne, placardée un peu partout en France, qui le désignait comme le « voyou de la République » alors qu’il était le président de la République ! Les émissions de télévision autorisent des prises à partie violentes, des agressions verbales étonnantes, des dérapages incontrôlés. Le président Hollande a été pisté par les paparazzi pour débusquer sa vie privée.

Faiblesse démagogique

Tout ceci est terriblement inquiétant pour notre Démocratie. D’une part parce que cela limite mécaniquement le contact des politiques avec la population, du fait du danger auquel ils s’exposent, un danger décuplé par l’absence totale de répression. On envie les pays scandinaves dans lesquels les représentants politiques peuvent encore avoir des contacts avec la foule sans se faire protéger par des rideaux de policiers, sans se faire insulter ou recevoir des projectiles. La faiblesse démagogique qui a consisté à ne pas recourir systématiquement à la justice, après des insultes, des jets d’objets, des empêchements physiques, ou des outrage a été une erreur. Pourquoi est-il normal qu’un policier qui se fait traiter de « voyou » par une personne qu’il interpelle, porte plainte et soit indemnisé pour outrage, et pas un Président de la République que l’on traite de « voyou » sur tous les murs de France ? Beaucoup de politiques pointent du doigt le manque de respect pour l’autorité qui se développe dans la société. Il serait nécessaire qu’ils commencent par rétablir leur propre autorité, en interdisant l’outrage aux représentants de la nation quels qu’ils soient. Ils sont nos représentants et leur dignité est aussi la nôtre. Ne pas en tenir compte va accélérer la dégradation de l’image de nos élus dans la population. Respecter la représentation nationale est essentiel. Le respect est la base d’une Démocratie.

 

Olivia Recasens

Conseillère éditoriale pour tous les développements (éditions, magazines et numérique) du pôle Culture et Connaissance au sein du groupe Humensis

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